L’Accord d’Association est fondamental pour l’Ukraine et pour l’Union européenne

Historians in Ukraine (ukrainian), Historians in Ukraine (english), 4 Juillet 2013, Libertiamo, 18 juillet 2013

A. Portnov. Pour de nombreuses personnes en Ukraine, la question de savoir si l’Ukraine va signer ou non l’accord d’association avec l’UE cet automne semble être la question principale en ce qui concerne le futur du pays. Pensez-vous que ce document pourrait être signé cette année, et pensez-vous qu’il soit réellement si important ?

O. Dupuis. La conscience que les citoyens européens ont de la réalité de l’Union européenne et leur appréhension de son devenir sont tellement évanescentes aujourd’hui que toute prévision politique est devenue extrêmement difficile. Pas simple de déterminer si ce sont ceux qui campent, par pure convenance, sur une position d’ « intransigeance démocratique » qui l’emporteront ou, au contraire, ceux qui sont convaincus de l’importance fondamentale de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union, pour l’Ukraine et pour l’Union. Ce qui est sûr, c’est que l’Accord d’Association est prêt et qu’il devrait, selon moi, absolument être signé. Son importance ne fait aucun doute car c’est la condition sine qua non pour affronter une question beaucoup plus sérieuse : l’ouverture de véritables négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, négociations qui pourraient opportunément commencer par les chapitres 23 « Appareil judiciaire et droits fondamentaux » et 24 « Justice, liberté et sécurité ». C’est aussi la garantie la plus solide que l’on puisse donner à Julia Tymochenko et à tous ceux et celles qui pourraient à l’avenir être victimes de procès politiques. Lire la suite

Partie de poker menteur à Kiev

Libertiamo.it le 11 juillet 2012, Le HuffingtonPost, le 12 juillet 2012

Le championnat d’Europe de football s’est déroulé sans anicroche. Un succès pour le président Ianoukovitch. Les autorités russes ne s’y sont d’ailleurs pas trompées : elles l’ont immédiatement félicité. Les absences bruyamment annoncées de ministres et de commissaires européens sont passées inaperçues. Comme prévu la « stratégie » de la chaise vide prônée en ordre dispersé n’a pas produit le moindre effet, sinon donner bonne conscience aux uns et l’illusion à d’autres qu’il s’agissait là d’une réponse politique à l’évolution en cours à Kiev. Lire la suite

Ukraine : minuit moins cinq ! Lettre ouverte au Président du Conseil, Mario Monti

Libertiamo.it, le 5 avril 2012

Monsieur le Président du Conseil,

Comme vous le savez l’Ukraine se trouve, suite à l’inculpation de Mme Ioulia Timochenko pour « abus de pouvoir », dans une situation politique délicate et controversée qui s’est traduite notamment par le renvoi sine die par l’Union européenne de la signature de l’Accord d’Association.

L’Accord est à notre avis fondamental. Le futur de l’Ukraine en dépend : son rapprochement à l’Union européenne ou son irrésistible dérive dans l’espace géopolitique de la « dictature de la loi » poutinienne. Elle est aussi urgente. Selon des observateurs avertis, l’inclusion de l’Ukraine dans l’union douanière euro-asiatique – et son désengagement à l’égard d’une perspective de rapprochement à l’UE – semblerait constituer un objectif prioritaire du président Poutine. Lire la suite

La France et l’Europe : l’heure de vérité ?

Libertiamo.it, 20 décembre 2011

Tout se passe comme si l’expérience ne comptait pas. Comme si, en matière d’intégration européenne, les multiples expérimentations – intergouvernementales – de ces deux dernières décennies n’avaient jamais été mises en œuvre, ou comme si elles avaient produit quelques avancées significatives dans le processus de consolidation et de démocratisation de l’Union.

Qu’il s’agisse de l’actuelle crise que l’on dit économique et financière – mais en fait politique – et de sa « gestion » – intergouvernementale – pour le moins erratique ; qu’il s’agisse du Président – intergouvernemental – du Conseil européen tiraillé entre Berlin et Paris ; qu’il s’agisse de la Haute Représentante – intergouvernementale – pour la politique étrangère et de son service diplomatique (Service Commun d’Action Extérieure) fort de 6000 personnes dont on peine toujours à percevoir l’action ; qu’il s’agisse encore de la politique – intergouvernementale – de défense et de sécurité commune inexistante, force est de constater que les grandes innovations intergouvernementales des traités n’ont produit que ce qu’elles pouvaient produire : peu, ou rien en termes de gouvernabilité de l’Union, beaucoup – et toujours plus – en termes de frustrations démocratiques chez les citoyens européens et chez ces 25 Etats-membres considérés comme quantité négligeable par le couple franco-allemand. Lire la suite